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Comment faire un budget pour la retraite : méthode pas à pas pour vivre

Comment faire un budget pour la retraite en 2026 ? Méthode concrète, postes de dépenses à anticiper, cas pratique chiffré et erreurs fréquentes à éviter.

Laura DuvalLaura Duval 19 minutes de lecture
4 choses à faire dès qu'on reçoit son salaire : Comment gérer son BUDGET ?

Pour faire un budget retraite en 2026, commencez par lister tous vos revenus nets (pensions de base, complémentaires, épargne) après impôts et prélèvements sociaux. Ensuite, détaillez toutes vos futures dépenses fixes et variables, en anticipant la hausse des frais de santé. Adoptez une méthode comme le 50/20/30 pour répartir vos ressources.

Savoir comment faire un budget pour la retraite est essentiel pour aborder cette nouvelle étape sans stress financier. La clé réside dans l'anticipation : il faut lister précisément les revenus que vous toucherez (pensions, épargne) et les confronter à vos futures dépenses, qui ne seront pas les mêmes que durant votre vie active. Une bonne préparation permet d'ajuster son niveau de vie et d'éviter les mauvaises surprises. La définition d'un budget et ses étapes clés reste la même, mais les paramètres changent.

Ce qu'il faut retenir

  • Estimer ses revenus nets de prélèvements sociaux et fiscaux est la première étape indispensable.
  • Les dépenses de santé et de loisirs ont tendance à augmenter significativement à la retraite.
  • La méthode 50/20/30 (besoins/épargne/loisirs) est un bon point de départ à personnaliser.
  • Prévoir un fonds d'urgence représentant 3 % à 5 % des revenus annuels est une sécurité cruciale.
  • Le budget retraite doit être révisé chaque année pour intégrer l'inflation et les nouvelles dépenses.

Pourquoi construire son budget retraite avant de quitter la vie active

Le passage à la retraite marque une rupture financière majeure. Les revenus du travail disparaissent, remplacés par des pensions souvent inférieures au dernier salaire. Cette baisse, mesurée par le "taux de remplacement", nécessite une planification rigoureuse pour maintenir son niveau de vie. Construire un budget prévisionnel plusieurs années avant l'échéance permet d'anticiper ce changement et de prendre les bonnes décisions : faut-il épargner davantage ? Réduire certaines dépenses ? Envisager un complément de revenu ?

L'enjeu est double : s'assurer que les revenus futurs couvriront les charges et adapter son budget à une nouvelle structure de dépenses. La transition n'est pas qu'une simple diminution des rentrées d'argent, c'est une réorganisation complète des flux financiers personnels. Sans cette préparation, le risque est de devoir faire des ajustements brutaux une fois à la retraite, dans une période où les capacités à générer de nouveaux revenus sont limitées. C'est un exercice de prévoyance qui garantit la sérénité.

Les revenus qui changent : pension de base, complémentaire, PER

La principale modification concerne la nature de vos revenus. Vous ne touchez plus un salaire, mais une ou plusieurs pensions.

  • La pension de base : Versée par le régime général (l'Assurance retraite) ou des régimes spécifiques (fonctionnaires), elle constitue le socle principal.
  • La retraite complémentaire : Obligatoire pour les salariés du privé, elle est gérée par l'Agirc-Arrco et s'ajoute à la pension de base.
  • L'épargne retraite : Les sommes accumulées sur un Plan d'Épargne Retraite (PER) ou d'autres produits similaires peuvent être débloquées en capital ou transformées en rente viagère, fournissant un complément de revenu régulier ou ponctuel.

Ces revenus sont versés à terme échu (début du mois suivant) ou à échoir (au début du mois concerné), un changement de calendrier à intégrer dans sa gestion de trésorerie.

Les dépenses qui évoluent : ce qui diminue, ce qui augmente

Si certains postes de dépenses diminuent logiquement avec la fin de l'activité professionnelle, d'autres apparaissent ou augmentent.

  • Ce qui diminue : Les frais de transport liés au trajet domicile-travail, les dépenses de repas à l'extérieur le midi, les frais de garde d'enfants ou encore les cotisations syndicales. Pour beaucoup, le crédit immobilier est aussi soldé.
  • Ce qui augmente : Les dépenses de santé (mutuelle plus chère, soins plus fréquents), les frais liés aux loisirs, aux voyages et aux activités culturelles, ainsi que les charges liées à l'entretien du logement (plus de temps passé à la maison). Il faut aussi prévoir d'éventuels frais d'aide à domicile ou d'adaptation du logement à la vieillesse.

Ignorer cette redistribution des dépenses est une erreur courante qui peut rapidement déséquilibrer un budget pourtant bien préparé sur le papier.

Étape 1 : Recensez tous vos revenus nets à la retraite

La première étape pour un budget solide consiste à évaluer, au plus juste, l'ensemble des ressources dont vous disposerez. Ne vous contentez pas des montants bruts annoncés sur vos estimations. Les pensions de retraite, tout comme les salaires, sont soumises à des prélèvements qui diminuent le montant réellement perçu. Il est donc crucial de raisonner en net.

Commencez par rassembler tous vos relevés de carrière et estimations de pensions. Utilisez les simulateurs officiels comme celui du site Info-retraite pour affiner ces montants. Pensez également à toutes les autres sources de revenus potentielles : loyers d'un bien locatif, revenus d'un cumul emploi-retraite, rentes viagères issues d'une assurance-vie. Chaque euro compte et doit être intégré au calcul. L'objectif est d'avoir une vision claire et réaliste de votre capacité financière mensuelle, sans mauvaise surprise fiscale. L'impact du budget 2026 sur le pouvoir d'achat des retraités doit aussi être pris en compte.

Pension de base et retraite complémentaire : ce que vous percevrez réellement

Votre revenu principal proviendra de vos régimes de retraite obligatoires.

  • La pension de base : Elle est calculée sur la base de vos 25 meilleures années de salaire (pour le privé) ou de votre traitement des 6 derniers mois (pour la fonction publique).
  • La retraite complémentaire (Agirc-Arrco) : Elle fonctionne par points accumulés tout au long de votre carrière. Le montant de votre pension dépend du nombre de points et de la valeur du point au moment de votre départ.

📌 Important : Ces pensions sont soumises aux prélèvements sociaux (CSG, CRDS, CASA) et à l'impôt sur le revenu. Le montant net que vous toucherez sur votre compte bancaire sera donc inférieur au montant brut. Comme le souligne le site mesquestionsdargent.fr (2025), oublier cette fiscalité est l'une des erreurs les plus fréquentes et les plus coûteuses.

PER et épargne retraite : intégrer les sorties en rente ou en capital

L'épargne que vous avez constituée spécifiquement pour la retraite devient une source de revenu active. Le Plan d'Épargne Retraite (PER) est le produit phare.

  • Sortie en capital : Vous pouvez récupérer tout ou partie de votre épargne en une ou plusieurs fois. Cette option est utile pour financer un projet (achat d'un véhicule, voyage) mais doit être gérée avec soin pour ne pas épuiser son capital trop vite. Le capital est soumis à l'impôt sur le revenu.
  • Sortie en rente viagère : L'assureur transforme votre capital en un revenu régulier versé jusqu'à votre décès. Cette option sécurise un flux de revenus constant mais le capital est aliéné. La rente est également fiscalisée.

Le choix entre capital et rente a un impact majeur sur votre budget. Il est conseillé de simuler les deux options et, si besoin, de consulter un professionnel pour faire le choix le plus adapté à votre situation et à votre aversion au risque.

Étape 2 : Listez et catégorisez toutes vos dépenses de retraité

Une fois vos revenus nets estimés, l'étape suivante est de lister de manière exhaustive toutes vos futures dépenses. La précision de cette liste déterminera la fiabilité de votre budget. Ne vous fiez pas uniquement à vos dépenses actuelles ; projetez-vous dans votre vie de retraité. Serez-vous plus souvent à la maison ? Aurez-vous de nouvelles activités ? Des projets de voyage ?

Pour n'rien oublier, le plus simple est de reprendre vos relevés bancaires des 12 derniers mois et de classer chaque dépense dans une catégorie. Appliquez ensuite un coefficient de variation pour chaque poste : certains baisseront (transport professionnel), d'autres augmenteront (loisirs, santé). Soyez honnête et réaliste. Mieux vaut prévoir un peu large que de se retrouver en difficulté. Cette analyse vous donnera une image précise de vos besoins financiers réels.

Charges fixes : logement, énergie, assurances

Les charges fixes, aussi appelées dépenses contraintes, sont celles qui reviennent chaque mois pour un montant quasi identique. Elles forment le socle de votre budget.

  • Logement : C'est souvent le premier poste de dépenses. Il inclut le loyer ou le remboursement du crédit immobilier (s'il n'est pas terminé), les charges de copropriété, la taxe foncière.
  • Énergie et communication : Factures d'électricité, de gaz, d'eau, abonnement internet et téléphonie.
  • Assurances : Assurance habitation, assurance auto/moto, et surtout la complémentaire santé (mutuelle), dont le coût augmente avec l'âge.
  • Impôts et taxes : Impôt sur le revenu, taxe d'habitation (sur les résidences secondaires uniquement).

Ces dépenses sont difficilement compressibles à court terme. Leur somme représente le montant minimum que vos revenus doivent couvrir chaque mois.

Charges variables : alimentation, loisirs, voyages

Les charges variables sont plus flexibles et offrent des leviers d'ajustement pour votre budget.

  • Alimentation : Les courses pour les repas à domicile. Ce poste peut augmenter si vous recevez plus souvent vos enfants et petits-enfants.
  • Transport : Coûts liés à la voiture (carburant, entretien, péages) ou aux transports en commun.
  • Loisirs et culture : Sorties, restaurant, cinéma, abonnements (sport, magazines), activités culturelles. Ce poste est souvent sous-estimé par les nouveaux retraités qui disposent de beaucoup plus de temps libre.
  • Voyages : Un poste important pour beaucoup, à budgétiser sur une base annuelle puis à lisser mensuellement.
  • Habillement et soins personnels : Coiffeur, produits d'hygiène, achat de vêtements.

Pour ceux qui rêvent d'évasion, prévoir un budget pour les vacances est une étape incontournable, même à la retraite.

Planifier vos dépenses de retraite peut même inclure des aventures, et un guide comme « Vacances budget : guide complet pour partir sans se ruiner » peut vous aider à réaliser vos rêves de voyage.

C'est sur ces postes que vous pourrez agir le plus facilement si vous devez équilibrer votre budget.

Dépenses de santé : la ligne budgétaire à ne pas sous-estimer

Avec l'avancée en âge, les dépenses de santé deviennent un poste de plus en plus important et incompressible. Il faut l'anticiper avec le plus grand soin.

  • Complémentaire santé : Le coût des mutuelles "senior" est élevé. Il est crucial de bien comparer les offres pour obtenir le meilleur rapport garanties/prix.
  • Dépassements d'honoraires : De nombreux spécialistes (cardiologues, ophtalmologues) pratiquent des dépassements non remboursés par la Sécurité sociale.
  • Frais dentaires et optiques : Malgré le "100 % Santé", les besoins spécifiques peuvent engendrer des restes à charge importants.
  • Aides et dépendance : À long terme, il faut aussi penser aux coûts éventuels d'une aide à domicile, de l'aménagement du logement ou d'un hébergement en établissement spécialisé.

Provisionner une somme mensuelle dédiée à la santé, même quand tout va bien, est un acte de prévoyance indispensable.

Imprévus : le coussin de sécurité à prévoir

Une panne de chaudière, une grosse réparation sur la voiture, un problème de santé inattendu : les imprévus peuvent rapidement mettre à mal un budget serré. Il est vital de constituer et de maintenir un "coussin de sécurité". Selon une recommandation de Retraite Québec (2024), une source de référence en la matière, il est sage de réserver 3 % à 5 % de votre revenu net pour ces dépenses inattendues.

Cette somme doit être placée sur un support liquide et sans risque, comme un Livret A ou un LDDS, pour être accessible immédiatement en cas de besoin. Ce n'est pas de l'épargne destinée à des projets, mais bien un fonds d'urgence. Le reconstituer après chaque utilisation doit être une priorité. L'absence de ce matelas de sécurité est ce qui contraint souvent à utiliser le crédit à la consommation, une solution coûteuse et dangereuse pour des revenus fixes.

Étape 3 : Choisissez une méthode de répartition budgétaire adaptée

Une fois que vous avez une vision claire de vos revenus et de vos dépenses, il faut les organiser. Utiliser une méthode de répartition budgétaire peut grandement faciliter la gestion au quotidien. Il ne s'agit pas de suivre une règle rigide, mais d'adopter un cadre qui vous aide à allouer vos ressources de manière consciente et équilibrée.

Ces méthodes fournissent des pourcentages d'affectation de vos revenus à de grandes catégories de dépenses. Elles agissent comme un guide pour vous assurer que vous ne dépensez pas trop dans un domaine au détriment d'un autre, comme l'épargne ou les projets à long terme. L'idée est de trouver le modèle qui correspond le mieux à votre profil et à vos objectifs de vie à la retraite. L'important est la discipline et la régularité du suivi.

La règle 50/20/30 : un cadre de départ

La règle la plus connue est celle du 50/30/20 (50 % pour les besoins, 30 % pour les envies, 20 % pour l'épargne). Pour les retraités, une variante est souvent plus pertinente. La CNRACL (Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales) citait en juin 2025 une approche adaptée :

  • 50 % pour les besoins courants : Toutes les charges fixes et dépenses incompressibles (logement, énergie, assurances, alimentation, santé).
  • 20 % pour l'épargne et les imprévus : Cette poche sert à alimenter le fonds d'urgence, mais aussi à financer des projets futurs (changer de voiture, gros travaux) ou à continuer à épargner.
  • 30 % pour les loisirs et les plaisirs : Voyages, restaurants, activités culturelles, cadeaux pour les petits-enfants.

Cette structure assure que les fondamentaux sont couverts tout en laissant une part importante au bien-être et aux projets, essentiels à une retraite épanouie.

Adapter la répartition à votre situation personnelle

Aucune règle n'est universelle. La répartition 50/20/30 est un excellent point de départ, mais vous devez l'ajuster à votre réalité.

  • Si vous avez des dépenses de santé élevées, la part des "besoins" pourrait monter à 60 %, réduisant d'autant celle des loisirs ou de l'épargne.
  • Si vous êtes propriétaire sans crédit, vos charges de logement sont plus faibles, ce qui peut libérer de la marge pour les voyages (augmenter la part "loisirs").
  • Si votre objectif est de transmettre un capital, vous augmenterez la part "épargne" au-delà des 20 %.

L'arbitrage se fait selon votre profil et vos priorités. L'important est que la somme des pourcentages fasse toujours 100 % de vos revenus nets. Faites plusieurs simulations pour trouver la répartition qui vous semble à la fois confortable et responsable. C'est votre budget personnalisé.

Cas pratique chiffré : le budget mensuel d'un couple de retraités

Afin d'obtenir une vue d'ensemble de vos finances futures, l'utilisation d'un budget prévisionnel exemple peut s'avérer très utile.

Pour illustrer concrètement la démarche, rien de tel qu'un exemple. Prenons le cas d'un couple, locataire de son logement, qui dispose d'un revenu total de pensions nettes de 2 800 € par mois. Ce scénario permet de visualiser la décomposition des dépenses et de voir comment le budget s'équilibre. Les chiffres utilisés sont des moyennes et doivent être adaptés à chaque situation individuelle.

Cet exemple de budget retraite chiffré pour 2026 est une base de travail. L'exercice à faire est de remplacer chaque ligne par vos propres chiffres. Cela mettra en évidence les postes sur lesquels vous avez des marges de manœuvre et ceux qui sont plus rigides. C'est un outil de pilotage essentiel pour une gestion financière sereine.

Hypothèses du scénario : revenus et situation de logement

Notre couple de référence dispose des caractéristiques suivantes :

  • Revenus : Pension nette totale de 2 800 € par mois (après prélèvements sociaux et impôt sur le revenu).
  • Logement : Ils sont locataires d'un appartement en province.
  • Santé : Ils sont en bonne santé et n'ont pas de pathologie lourde nécessitant des soins coûteux et réguliers.
  • Véhicule : Ils possèdent une voiture, utilisée pour les déplacements courants et les loisirs.

Ces hypothèses sont cruciales car elles influencent directement la structure des dépenses. Un couple propriétaire avec un crédit remboursé aurait un budget très différent.

Décomposition poste par poste des dépenses mensuelles

Voici une décomposition possible de leurs dépenses mensuelles, basée sur des estimations moyennes.

  • Logement (total : 960 €)
    • Loyer et charges : 700 € (source indicative : younited.com, 2024)
    • Électricité et gaz : 150 €
    • Eau : 40 €
    • Assurance habitation : 20 €
    • Internet/Téléphone : 50 €
  • Dépenses courantes (total : 860 €)
    • Alimentation : 500 € (source indicative : younited.com, 2024)
    • Transport (carburant, assurance, entretien) : 150 €
    • Mutuelle santé : 160 € (80 € par personne)
    • Hygiène et soins : 50 €
  • Loisirs et divers (total : 450 €)
    • Restaurants, sorties : 200 €
    • Abonnements et activités : 50 €
    • Vacances (provision mensuelle) : 150 €
    • Cadeaux : 50 €

Le total des dépenses listées s'élève à 2 270 €.

Calcul du solde et marges d'ajustement

Le calcul du solde budgétaire est simple :

  • Total des revenus nets : 2 800 €
  • Total des dépenses estimées : 2 270 €
  • Solde mensuel : 2 800 € - 2 270 € = + 530 €

Ce solde positif de 530 € représente une marge de manœuvre confortable. Conformément à la méthode 50/20/30, il peut être alloué de la manière suivante :

  • Provision pour imprévus (5 % des revenus) : 2 800 € * 5 % = 140 €
  • Épargne de projet / Plaisir : 530 € - 140 € = 390 €

Cette somme peut être affectée à un projet (voyage plus important, changement de mobilier) ou simplement placée pour augmenter le patrimoine. Si le solde avait été négatif, il aurait fallu revoir à la baisse les postes de dépenses variables comme les loisirs ou l'alimentation.

Les erreurs financières courantes à éviter absolument

Établir un budget est une chose, s'y tenir en est une autre. De nombreux retraités commettent des erreurs qui, bien que compréhensibles, peuvent avoir des conséquences importantes sur leur équilibre financier. Les identifier en amont permet de mettre en place des garde-fous et de sécuriser son avenir. Souvent, ces erreurs ne découlent pas d'une mauvaise gestion, mais d'un simple oubli ou d'une sous-estimation d'un poste de dépense. La vigilance est donc de mise, surtout durant la première année de retraite, qui est une phase de transition et d'ajustement. Voici les pièges les plus courants à éviter.

Oublier les prélèvements fiscaux et sociaux sur la pension

C'est l'erreur la plus fréquente. Beaucoup de futurs retraités basent leurs calculs sur les estimations de pension brute communiquées par les caisses. Or, les pensions sont soumises à la CSG (Contribution Sociale Généralisée), la CRDS (Contribution pour le Remboursement de la Dette Sociale) et la CASA (Contribution Additionnelle de Solidarité pour l'Autonomie). De plus, elles sont intégrées aux revenus imposables.

⚠️ Attention : L'oubli de ces prélèvements peut entraîner un écart de 10 % à 20 % entre le montant brut attendu et le virement net reçu sur le compte. Le premier mois, la surprise peut être rude et mettre immédiatement le budget en déficit. Vérifiez toujours votre taux de CSG et simulez votre impôt sur le revenu en tant que retraité.

Sous-estimer les dépenses de santé et la dépendance

En début de retraite, on se sent souvent en pleine forme et on a tendance à minimiser les futurs besoins de santé. Pourtant, les statistiques sont claires : les dépenses de santé augmentent mécaniquement avec l'âge. Le coût de la complémentaire santé grimpe, les consultations de spécialistes se multiplient, et les frais pour l'optique, le dentaire ou l'audition peuvent être très élevés.

Ne pas provisionner suffisamment pour ce poste peut vous contraindre à renoncer à des soins essentiels. Pire, l'apparition d'une situation de dépendance, même partielle, engendre des coûts très importants (aide à domicile, aménagement du logement) qui peuvent pulvériser un budget non préparé. Anticiper, c'est aussi envisager des scénarios moins favorables.

Ne pas prévoir de matelas d'imprévus dès le départ

L'un des avantages de la vie active est la capacité à faire face à un imprévu grâce à son salaire, voire à un petit crédit. À la retraite, avec des revenus fixes et moins élevés, cette flexibilité disparaît. Une panne coûteuse ou une dépense familiale urgente peut devenir une source de stress majeur si aucun fonds d'urgence n'a été prévu.

Comme mentionné précédemment, un matelas de sécurité correspondant à 3 à 6 mois de dépenses fixes est une protection indispensable. Ne pas le constituer dès le départ en se disant "on verra plus tard" est une prise de risque inutile. Utilisez une partie de votre indemnité de départ en retraite ou de votre épargne pour créer ce fonds dès le premier jour. C'est la meilleure assurance pour votre tranquillité d'esprit.

Comment suivre et ajuster son budget retraite dans la durée

Un budget n'est pas un document que l'on établit une fois pour toutes. C'est un outil de pilotage dynamique qui doit vivre et évoluer avec vous. Vos besoins, vos envies et le contexte économique changent. Un suivi régulier est donc indispensable pour s'assurer que vous gardez le contrôle et que votre budget reste adapté à votre situation.

Cette discipline de suivi permet de détecter rapidement les dérapages, de comprendre pourquoi ils se produisent et d'apporter les corrections nécessaires avant que le déséquilibre ne devienne problématique. Cela permet aussi d'identifier des économies possibles sur certains postes et de réallouer ces sommes à des projets qui vous tiennent à cœur. La gestion budgétaire à la retraite est un marathon, pas un sprint.

Outils simples pour suivre ses dépenses au quotidien

Le suivi ne doit pas être une corvée. Choisissez l'outil qui vous convient le mieux.

  • Le carnet et le crayon : Une méthode simple et efficace pour ceux qui sont moins à l'aise avec le numérique. Consacrez un cahier à votre budget, avec une page par mois.
  • Le tableur (Excel, Google Sheets) : Idéal pour automatiser les calculs. Vous pouvez créer votre propre tableau ou utiliser des modèles prêts à l'emploi. Vous visualisez facilement la part de chaque dépense.
  • Les applications bancaires : La plupart des banques proposent des outils de "gestion de budget" qui catégorisent automatiquement vos dépenses. C'est très pratique pour un suivi quasi en temps réel.
  • Les applications dédiées : Des applications spécialisées (Bankin', Linxo...) offrent des fonctionnalités encore plus poussées d'analyse et d'alertes.

L'important est de pointer vos dépenses au moins une fois par semaine pour garder une vision claire.

Réviser son budget chaque année : les signaux à surveiller

Au moins une fois par an, prenez le temps de faire un bilan complet de votre budget. C'est l'occasion de l'ajuster en fonction des évolutions.

  • L'inflation : Le coût de la vie augmente, en particulier sur l'énergie et l'alimentation. Vos dépenses fixes doivent être mises à jour pour refléter cette réalité.
  • La revalorisation des pensions : Heureusement, les pensions sont revalorisées pour compenser (en partie) l'inflation. Intégrez cette hausse dans vos revenus. Pour en savoir plus, consultez notre guide sur la revalorisation des pensions de retraite en 2026.
  • Changement de situation : Un déménagement, un nouvel état de santé, un projet de grand voyage... tout événement majeur doit conduire à une révision du budget.
  • Contrats d'assurance et abonnements : Faites le point annuellement sur vos contrats (assurance, mutuelle, énergie, téléphone) pour vérifier que vous bénéficiez toujours des meilleures offres.

Les pensions de retraite sont réévaluées chaque année, et l'augmentation retraite janvier 2026 est un paramètre à intégrer.

Cette révision annuelle est le meilleur moyen de garantir que votre budget reste un allié fiable sur le long terme.

Sources

Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un conseiller financier. Étudiez votre situation avec un professionnel agréé avant de vous engager.

Vos questions

Quel est le budget idéal pour la retraite ?

Il n'existe pas de budget idéal universel pour la retraite. Il dépend entièrement de votre style de vie, de votre lieu de résidence et de votre état de santé. L'objectif est de s'assurer que vos revenus (pensions, épargne) couvrent l'intégralité de vos dépenses fixes et variables, tout en dégageant un excédent pour les loisirs et les imprévus.

Quelles sont les 10 erreurs financières à éviter pour la retraite ?

Les erreurs les plus graves incluent : oublier la fiscalité (impôt et prélèvements sociaux) sur les pensions, sous-estimer drastiquement les dépenses de santé, ne pas prévoir un fonds d'urgence pour les imprévus, ignorer l'impact de l'inflation sur le long terme et ne pas réévaluer son budget chaque année.

Quelle est la somme idéale à mettre de côté chaque mois ?

Ce montant dépend de vos revenus actuels, de votre âge et de l'estimation de vos futures pensions. Les conseillers financiers suggèrent souvent d'épargner entre 10 % et 15 % de ses revenus durant la vie active. L'important est la régularité, même avec de petites sommes, en utilisant des supports comme le Plan d'Épargne Retraite (PER).

Comment puis-je me préparer financièrement pour ma retraite ?

La préparation financière repose sur quatre piliers : estimer le montant de votre future pension via votre relevé de carrière, lister vos futures dépenses pour évaluer vos besoins, épargner régulièrement sur des supports dédiés (PER, assurance-vie) et réduire vos dettes, notamment immobilières, avant le départ en retraite.